Moins de substances toxiques… mais toujours des produits dangereux
Les études, notamment celles de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et de l’OMS, montrent que chauffer le tabac plutôt que le brûler émet généralement moins de certaines substances cancérogènes. Par exemple, certains goudrons sont présents à des niveaux inférieurs.
Cependant, l’aérosol dégagé par le tabac chauffé contient encore de nombreux produits toxiques, parfois à des doses proches de la cigarette classique, voire pour certains encore inconnus (ex. acroléine, composés organiques volatils).
- Réduction marquée : benzène, formaldéhyde, nitrosamines spécifiques du tabac (certains modèles, selon conditions d’usage)
- Présence conservée voire augmentée de certains cancérogènes (ex : acroléine, certains hydrocarbures légers)
- Nicotinémie comparable à celle de la cigarette classique, donc maintien du risque d’addiction et d’exposition à la toxicité de la nicotine
Concernant le cancer, les substances les plus impliquées dans la formation des tumeurs respiratoires et digestives sont toujours libérées, parfois en quantités moindres, parfois non.
Source : ANSES, rapport 2021, OMS, 2022
Que disent les études sur le risque de cancer chez l’humain ?
L’arrivée commerciale des dispositifs de tabac chauffé est récente (2014 en France), ce qui limite le recul sur les conséquences à long terme, notamment les cancers. Les études chez l’animal et en laboratoire montrent pour l’instant un potentiel cancérogène persistant : des cellules exposées à l’aérosol de tabac chauffé présentent toujours des altérations précancéreuses.
- Aucun recul épidémiologique suffisant pour prouver une diminution nette et mesurable des cancers avec le tabac chauffé
- L’exposition répétée pendant plusieurs années n’est pas encore étudiée à grande échelle chez l’humain
- Certains utilisateurs cumulent cigarette et tabac chauffé : ils ne réduisent pas de façon significative leur risque.
En résumé, la science ne valide pas pour le moment une baisse réelle et forte du risque de cancer avec le tabac chauffé. L’Institut National du Cancer et l’OMS recommandent donc de ne pas considérer ces produits comme « moins risqués » ou « sûrs ».