La maison, censée être un lieu sûr, abrite parfois des substances à surveiller de près. Voici les plus fréquemment rencontrées, leurs usages, les risques connus, et les perspectives actuelles pour limiter l’exposition.
1. Les produits de nettoyage et d’entretien
- Formaldéhyde : Friand dans les désinfectants, certains nettoyants multi-usages, colles, peintures et vernis. Il est classé cancérogène avéré pour l’homme (CIRC Groupe 1), notamment pour les cancers du nasopharynx et certaines leucémies.
- Ammoniaque : Présente dans de nombreux nettoyants pour vitres et sols. Si elle n’est pas classée cancérogène pour l’humain, l’ammoniaque irrite les voies respiratoires et peut interagir avec d’autres substances pour former des composés préoccupants.
Anecdote : Selon une étude suédoise, l’usage régulier de sprays ménagers chez les femmes pourrait augmenter de 25% le risque de développer des cancers respiratoires, par rapport à l’usage occasionnel (source : American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, 2018).
2. Les cosmétiques et produits d’hygiène
- Parabènes : Conservateurs utilisés dans de nombreux shampoings, lotions et crèmes. Soupçonnés de perturber le système hormonal, leur lien avec le cancer du sein fait actuellement débat.
- Formaldéhyde et libérateurs de formaldéhyde : Parfois retrouvés dans les vernis à ongles ou certains shampoings. Une exposition répétée est à éviter, surtout en cas d’usage professionnel.
- Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : On les retrouve dans les produits à base de pétrole (gel coiffant, certains rouges à lèvres), classés cancérogènes pour l’homme.
Le cas du talc : utilisé dans la poudre pour bébé ou certains déodorants. Le CIRC le classe en 2B, cancérogène possible, surtout en cas d’exposition prolongée sur la région génitale.
3. Les matériaux de construction et d’ameublement
- Amiante : Interdit en France depuis 1997, mais toujours présent dans certains bâtiments, toitures, dalles de sol ou huisseries anciens. Il reste une des principales causes de cancers professionnels (mésothéliome, cancers du poumon).
- Bois traité (colles, vernis, panneaux agglomérés) : Certains produits contiennent encore du formaldéhyde ou des solvants. Privilégier le mobilier étiqueté « faible émission » (étiquette A+).
Dans les années 80-90, l’air intérieur pouvait contenir jusqu’à 10 fois plus de COV (composés organiques volatils, dont certains cancérogènes) qu’on le croyait alors. Les réglementations ont depuis évolué, mais la vigilance reste de mise, surtout en cas de rénovations ou de meubles neufs.
4. La cuisine et l’alimentation
- Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : Se forment lors de la cuisson de viandes à haute température (barbecue, grill) ou lorsqu’un aliment brûle. Les HAP sont classés cancérogènes avérés pour certains cancers digestifs.
- Bisphénol A (BPA) : Présent dans certains plastiques alimentaires et revêtements de boîtes de conserve. Suspecté d’avoir un effet cancérogène, surtout sur la prostate et le sein. Désormais interdit dans les biberons et la vaisselle pour enfants en France.
- Pesticides alimentaires : Certains, comme le glyphosate (herbicide) sont classés cancérogènes probables. Leur présence résiduelle dans certains fruits, légumes ou céréales est surveillée par l’Anses (source : ANSES, 2022).
Les nitrites et nitrates, utilisés dans la charcuterie pour la conservation et la couleur, sont associés à une augmentation du risque de cancer colorectal, selon une évaluation de l’Anses en 2022.