Comment le soleil et les rayonnements influencent-ils notre risque de cancer ?

3 février 2026

Pourquoi le soleil et les rayonnements suscitent-ils autant de questions ?

Tout le monde a déjà entendu qu’il fallait faire attention au soleil, que les UV, ce n’est pas bon pour la peau, que certains rayonnements sont « cancérogènes ». Mais sait-on vraiment pourquoi ? Et est-ce vraiment le soleil et les rayonnements qui sont parmi les causes principales de cancer ? Ces questions touchent tout le monde, et il n’est pas toujours facile de trouver des réponses claires et nuancées.

Aujourd’hui, le cancer touche près d’une personne sur deux au cours de sa vie en France (source : INCa). Si le tabac, l’alcool et l’alimentation sont fréquemment pointés du doigt, le soleil et les rayonnements méritent une attention particulière, tant leurs effets sur nos cellules peuvent être puissants... et parfois invisibles. Décryptons ensemble le vrai rôle du soleil et des rayonnements dans le cancer, pour garder une certaine sérénité sans négliger la vigilance.

Le soleil : ami vital, ennemi potentiel

Le soleil, c’est quoi exactement ?

Le soleil est une source majeure de rayonnements pour notre planète. Il émet tout un spectre de rayonnements, mais ce sont surtout les rayons ultraviolets (UV), invisibles à l’œil nu, qui nous concernent. Ces UV sont de trois types :

  • UVA (95 % des UV qui atteignent la Terre) : ils pénètrent profondément dans la peau et accélèrent son vieillissement.
  • UVB (5 %) : ils pénètrent moins profondément mais sont responsables des coups de soleil.
  • UVC : totalement arrêtés par la couche d’ozone, ils ne nous atteignent pas.

Les UV participent à la fabrication de la vitamine D, essentielle à notre bonne santé. Mais l’excès d’exposition peut endommager l'ADN de nos cellules cutanées.

Le soleil : un acteur majeur dans les cancers de la peau

On estime que 80 à 90 % des cancers de la peau sont liés à l’exposition solaire (source : Société Française de Dermatologie, Institut National du Cancer). Trois types de cancers cutanés sont particulièrement concernés :

  • Le carcinome basocellulaire : c’est le plus fréquent, le moins agressif, causé principalement par les UV.
  • Le carcinome spinocellulaire : également dû aux UV, il peut être plus agressif localement.
  • Le mélanome malin : le plus dangereux, il représente toutefois seulement 10 % des cancers de la peau. En France, plus de 18 000 nouveaux cas de mélanome sont recensés chaque année (source : Santé publique France).

Le lien entre exposition intermittente et intense au soleil (vacances, sports d’été) et le développement de mélanome est clairement démontré : un seul coup de soleil pendant l’enfance double le risque de mélanome à l’âge adulte. L’exposition chronique, quant à elle, favorise davantage l’apparition des carcinomes.

Au-delà de la peau : le soleil impacte-t-il d’autres cancers ?

Contrairement à une idée répandue, le soleil n’est pas impliqué dans la majorité des autres cancers (poumon, sein, colon, etc.), sauf rares exceptions. Au contraire, via la synthèse de vitamine D, il aurait même un rôle protecteur modéré contre certains cancers.

Autres rayonnements naturels et artificiels : quels risques réels ?

Rayonnements ionisants : de quoi parle-t-on ?

Quand on parle de rayonnements dangereux pour l’homme, il faut distinguer :

  • Les rayonnements non-ionisants : UV, micro-ondes, ondes radio… relativement peu puissants, sauf les UV déjà cités.
  • Les rayonnements ionisants : rayons X, gamma, radioactivité naturelle (radon)… capables de casser les molécules et d’altérer l’ADN.

Ce sont surtout les rayonnements ionisants qui posent la question du risque cancéreux, car ils modifient plus directement nos cellules.

La radioactivité naturelle : une réalité invisible

Le radon demeure la principale source d’exposition à la radioactivité en France, devant les examens médicaux et l’environnement professionnel. Ce gaz radioactif naturel, issu de la désintégration de l’uranium, s’accumule dans certains sols et maisons mal aérées, notamment dans l’ouest et le massif central.

  • Le radon est la 2e cause de cancer du poumon après le tabac (source : InVS, OMS) ;
  • Environ 3 000 cas de cancer du poumon lui sont attribués chaque année en France.

Il est donc essentiel d’aérer quotidiennement son logement, surtout dans les régions concernées, pour limiter cette exposition silencieuse.

Examens médicaux et rayons X : utiles mais à utiliser à bon escient

La médecine moderne utilise les rayonnements pour poser des diagnostics (radiographies, scanners) ou traiter certains cancers (radiothérapie). Ces applications sauvent de nombreuses vies : en France, plus de 36 millions d’actes de radiologie sont pratiqués chaque année (source – Drees, 2023).

Mais les rayonnements ionisants, même à faibles doses, s’accumulent dans l’organisme et accroissent légèrement le risque de cancer lorsque les examens sont répétés.

  • Le scanner délivre une dose de rayons X 50 à 200 fois supérieure à une radiographie simple (source : IRSN).
  • Cependant, l’augmentation du risque individuel reste faible lorsque les examens sont justifiés.

Le mot d’ordre reste donc la justification et l’optimisation des examens, jamais la surconsommation.

Accidents nucléaires et expositions professionnelles : rares mais à forts risques

  • Les accidents majeurs (Tchernobyl, Fukushima) ont entraîné une hausse réelle des cancers de la thyroïde chez les enfants exposés, mais ces situations extrêmes restent exceptionnelles.
  • Les personnes travaillant dans le secteur du nucléaire sont suivies et protégées par des contrôles réguliers, ce qui limite leur exposition.

La grande majorité de la population n’est donc pas exposée à des doses suffisantes pour que le risque soit significatif au quotidien, mais le suivi reste essentiel pour les populations à risque spécifique.

Comparaison : quelle place occupent le soleil et les rayonnements parmi toutes les causes de cancer ?

Aujourd’hui, la recherche estime que près de 4,2 % des nouveaux cas de cancer sont directement attribuables aux rayonnements (UV compris) en France (source : CIRC). À titre de comparaison, le tabac serait impliqué dans 20 % à 30 % des cas, l’alcool dans 8 %, et des facteurs comme l’alimentation, l’obésité, ou le manque d’activité physique, dans plus de 15 %.

Facteur Part estimée dans les cancers (France)
Tabac 20 – 30 %
Alcool 8 %
Soleil (UV) ~ 3 %
Rayonnements ionisants ~ 1,2 %
Autres (alimentation, obésité, etc.) 15 % et +

Ce qui ressort, c’est que les rayonnements ne sont pas les causes principales de cancer au niveau global, mais ils sont la cause quasiment exclusive des cancers de la peau.

Peut-on se protéger efficacement ? Conseils pratiques au quotidien

  • Eviter les expositions solaires intenses : entre 11h et 16h, surtout l’été, car le rayonnement UV atteint son maximum.
  • Adopter des vêtements protecteurs : chapeaux, vêtements longs (indice UPF recommandé), lunettes de soleil.
  • Appliquer une crème solaire adaptée : indice 30 minimum pour la peau claire, à renouveler toutes les 2 heures et après la baignade.
  • Faire attention aux cabines de bronzage : les lampes UV augmentent nettement le risque de mélanome (source : ANSES).
  • Chez soi, penser à bien aérer : pour limiter l’accumulation de radon dans les maisons, aérer quotidiennement, surtout dans les sous-sols et rez-de-chaussée.
  • Dialoguer avec son médecin : en cas d'examens radiologiques répétés, se renseigner sur la nécessité et la justification de chaque examen.

À retenir pour apaiser les inquiétudes et passer à l’action

Soleil et rayonnements sont des causes bien réelles de certains cancers, notamment de la peau, mais ils ne constituent pas la majorité des risques de cancer au niveau global. L’enjeu principal : apprendre à profiter des bienfaits du soleil sans excès, connaître les spécificités de son exposition (enfants, phototypes clairs, professions à risque, zones géographiques), et adopter quelques gestes simples au quotidien. Cela permet de limiter considérablement les risques, tout en conservant une vie active et sociale, si précieuse notamment dans le cadre du Cotentin.

Pour en savoir plus : Institut National du Cancer, Santé publique France, ANSES