Rayonnements ionisants : de quoi parle-t-on ?
Quand on parle de rayonnements dangereux pour l’homme, il faut distinguer :
- Les rayonnements non-ionisants : UV, micro-ondes, ondes radio… relativement peu puissants, sauf les UV déjà cités.
- Les rayonnements ionisants : rayons X, gamma, radioactivité naturelle (radon)… capables de casser les molécules et d’altérer l’ADN.
Ce sont surtout les rayonnements ionisants qui posent la question du risque cancéreux, car ils modifient plus directement nos cellules.
La radioactivité naturelle : une réalité invisible
Le radon demeure la principale source d’exposition à la radioactivité en France, devant les examens médicaux et l’environnement professionnel. Ce gaz radioactif naturel, issu de la désintégration de l’uranium, s’accumule dans certains sols et maisons mal aérées, notamment dans l’ouest et le massif central.
- Le radon est la 2e cause de cancer du poumon après le tabac (source : InVS, OMS) ;
- Environ 3 000 cas de cancer du poumon lui sont attribués chaque année en France.
Il est donc essentiel d’aérer quotidiennement son logement, surtout dans les régions concernées, pour limiter cette exposition silencieuse.
Examens médicaux et rayons X : utiles mais à utiliser à bon escient
La médecine moderne utilise les rayonnements pour poser des diagnostics (radiographies, scanners) ou traiter certains cancers (radiothérapie). Ces applications sauvent de nombreuses vies : en France, plus de 36 millions d’actes de radiologie sont pratiqués chaque année (source – Drees, 2023).
Mais les rayonnements ionisants, même à faibles doses, s’accumulent dans l’organisme et accroissent légèrement le risque de cancer lorsque les examens sont répétés.
- Le scanner délivre une dose de rayons X 50 à 200 fois supérieure à une radiographie simple (source : IRSN).
- Cependant, l’augmentation du risque individuel reste faible lorsque les examens sont justifiés.
Le mot d’ordre reste donc la justification et l’optimisation des examens, jamais la surconsommation.
Accidents nucléaires et expositions professionnelles : rares mais à forts risques
- Les accidents majeurs (Tchernobyl, Fukushima) ont entraîné une hausse réelle des cancers de la thyroïde chez les enfants exposés, mais ces situations extrêmes restent exceptionnelles.
- Les personnes travaillant dans le secteur du nucléaire sont suivies et protégées par des contrôles réguliers, ce qui limite leur exposition.
La grande majorité de la population n’est donc pas exposée à des doses suffisantes pour que le risque soit significatif au quotidien, mais le suivi reste essentiel pour les populations à risque spécifique.