Le parcours de dépistage génétique ne se limite pas à une simple prise de sang. Il s’agit d’un chemin marqué par plusieurs étapes importantes, toutes centrées sur l’écoute, l’information, et le respect du choix de chacun.
1. Orientation vers une consultation d’oncogénétique
C’est souvent le médecin traitant, un oncologue ou un spécialiste qui, face à des antécédents familiaux évocateurs, propose de se tourner vers l’un des centres d’oncogénétique. Il en existe aujourd’hui plus de 120 répartis sur le territoire français (INCa - Carte des centres).
2. Entretien préalable d’information
Arrive un moment clé : l’échange avec un médecin ou un conseiller en génétique. Cet entretien dure généralement entre 45 minutes et 1 heure ; il s’agit de :
- Retracer soigneusement l’arbre généalogique (au moins 3 générations), les antécédents de cancers dans la famille, l’âge de survenue, le type précis de cancer.
- Informer sur ce que peut (ou ne peut pas) apporter le test génétique : pas de “prédiction” absolue, mais une estimation du risque selon le gène concerné.
- Évoquer les choix possibles selon les résultats, et aussi les implications psychologiques, éthiques, familiales.
3. Prise de décision
Le test génétique est toujours proposé, jamais imposé. Un temps de réflexion est ménagé : la personne peut accepter ou refuser, parler avec ses proches, rencontrer un psychologue si besoin.
4. Prélèvement et analyse
En cas d’accord, on procède le plus souvent à un prélèvement sanguin : l’ADN y est extrait et analysé, afin d’identifier d’éventuelles mutations dans les gènes connus pour leur rôle dans certains cancers. La technique utilisée (séquençage, analyses ciblées ou panel plus large) dépend des antécédents précisés.
Les résultats ne sont jamais immédiats : il faut compter entre quelques semaines et plusieurs mois, selon la complexité de l’analyse. En France, le délai moyen se situe autour de 2 à 4 mois (Société Française de Sénologie).
5. Restitution et accompagnement post-test
Qu’il existe une mutation ou non, le médecin restitue les résultats lors d’un second entretien, en abordant :
- L’impact pour la personne testée : suivi médical renforcé, chirurgie préventive parfois, mesures de prévention adaptées.
- Les répercussions éventuelles pour la famille : les membres « à risque » peuvent alors être orientés à leur tour.
- L’accompagnement psychologique ou social proposé si besoin. Les équipes travaillent souvent avec des associations et réseaux de patients, pour informer et soutenir ceux qui se retrouvent parfois déstabilisés par ces nouvelles.